mercredi 28 octobre 2009

Le lobby qui n'existe pas

Le Congrès juif européen a ouvert un nouveau bureau à Bruxelles la semaine dernière. Pour son président Moshé Kantor, cela correspond à un progrès spectaculaire de l'activisme politique juif européen.


Le président du Congrès juif européen (gauche), Moshé Kantor, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Photo: Tanguy Stichelmans , JPost
"En Europe, nous sommes témoins de trop de tolérance", notamment sur les ambitions génocidaires du régime iranien, "et de trop peu" quand il s'agit des minorités religieuses et ethniques européennes, explique-t-il.

Le bureau de Bruxelles sera chargé "d'enclencher des processus importants sur les questions juridiques et de faire progresser la tolérance. L'objectif n'est pas de parler de tolérance mais de [s'engager] dans une large gamme d'actions réelles", poursuit-il.

Ce nouveau bureau œuvrera également à "éduquer contre l'antisémitisme et à la réconciliation entre les trois grandes religions monothéistes", d'après Raya Kalenova, directrice du bureau de Bruxelles.

Le message d'une nouvelle présence juive au cœur du gouvernement européen est que "les Juifs d'Europe sont des citoyens européens avec des valeurs européennes", ajoute-t-elle.

L'ouverture du bureau mercredi dernier suggère également que l'organisation est déjà en mesure d'atteindre les plus hauts échelons politiques. Parmi les invités au dîner d'inauguration se trouvaient notamment le président du Parlement européen Jerzy Buzek, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le vice-président de la Commission pour la justice, la liberté et la sécurité, Jacques Barrot, ainsi qu'une cinquantaine de députés européens.

Côté israélien, le ministre des Infrastructures nationales Ouzi Landau avait fait le voyage.
A en croire certains analystes, il est encore trop tôt pour dire si ce nouveau bureau aura vraiment de l'influence, à l'instar de certains lobbies américains. Or, les organisations juives américaines n'ont aucun poids si elles ne représentent pas l'opinion générale des Juifs américains.

Un accord général chez les Juifs d'Europe est-il possible, quand ils comptent des membres aussi divers que des Lettons, des Italiens ou des Belges ? Que signifie en effet être "européen", comme l'a demandé un invité à la réception ?
Quoi qu'il en soit, la simple existence d'un nouveau bureau traduit le symbole d'une conscience juive européenne naissante, émergeant au côté d'une identité européenne plus vaste.

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