vendredi 31 juillet 2009

SHINTO LA VOIE DES DIEUX



Savitri Devi Mukherji
Spiritualités :: Tradition
Selon la tradition japonaise multi-millénaire, dans les temps très anciens il y avait alors un océan immense (ironiquement destiné à être appelé l’Océan « Pacifique »), qui semblait infini : d’une extrémité à l’autre de l’horizon, on pouvait voir seulement l’eau et le ciel !Au-dessus de cette immense masse d’eau il n’y avait qu’un « pont » lumineux et étroit. Les dieux avaient l’habitude de venir sur ce pont pour observer et admirer la beauté et l’immensité de cet océan. L’un de ces dieux, Izana-Gi, fatigué d’observer l’océan d’en haut, abaissa sa lance vers l’eau et l’agita légèrement. En relevant la lance il remarqua qu’un peu de boue, restée à la pointe de la lance, retombait dans l’eau. C’est ainsi que la première « île » apparut sur terre.Après cela, Izana-Gi construisit une échelle et se pencha depuis le « pont céleste » jusqu’au sol. Il continua en construisant une petite maison ronde pour lui-même et son épouse, Izana-Mi, où ils commencèrent à se rencontrer.Bientôt Izana-Mi eut plusieurs enfants, qui malheureusement se révélèrent être une déception. Ils étaient tous différents les uns des autres et paraissaient faibles, indignes d’un couple divin. Une assemblée générale des dieux fut réunie pour examiner le problème et pour trouver la cause d’un tel échec. Les dieux demandèrent au couple : « Quand vous étiez ensemble, qui commença à parler le premier ? ».Izana-Mi répondit immédiatement : « Moi, évidemment ».L’un des dieux remarqua : « C’est une grave violation de la règle réglant les Rites ! Une femme ne doit jamais parler la première, car c’est l’un des devoirs et des privilèges de l’homme. Pas étonnant que vos enfants ne soient pas ce qu’ils devaient être ».Le couple suivit à la lettre le conseil des dieux, et bientôt leurs enfants s’améliorèrent, devenant beaux et forts, dignes héritiers de leur lignage divin. Izana-Mi ne donna pas seulement naissance à des enfants, mais devint aussi la mère de quatre mille îles, grandes et petites, qui formèrent finalement le Japon. Les autres pays du monde émergèrent lentement des eaux par un processus géologique et naturel, qui prit des siècles à se réaliser. C’est pourquoi, à la différence des autres pays, le Japon est une terre « divine » : il est la création d’une déesse !Tout se passa bien jusqu’au jour où Izana-Mi donna naissance au dieu du feu. A cause de la nature même de ce dieu, la déesse mourut d’une mort pénible lorsqu’il naquit. Son corps fut envoyé dans le monde d’en bas, la résidence des morts. Son époux, Izana-Gi, descendit dans ces régions profondes pour réclamer le corps de sa femme aux Seigneurs de ces régions. Dès qu’il arriva, il reçut l’ordre d’attendre devant la porte derrière laquelle se trouvait le corps de la déesse.Après avoir longtemps attendu que la porte s’ouvre, il commit un acte interdit et ouvrit lui-même la porte fatale. Immédiatement il sentit l’odeur de la mort ! Cette expérience eut un effet négatif sur Izana-Gi, et immédiatement il décida de remonter jusqu’au « monde des vivants ». Néanmoins, il se sentait impur pour avoir été en contact avec les puissances de la décomposition et de la mort. Ayant atteint la rivière Kamo, il décida de prendre un bain et enleva ses quatorze couches de vêtements.Alors qu’il se lavait, soudain plusieurs êtres divins émergèrent de l’eau. En même temps, ses quatorze vêtements devinrent eux-mêmes des dieux. L’eau qu’il utilisait pour laver son œil gauche devint le Dieu de la Lune, alors que l’eau qu’il utilisait pour laver son œil droit devint la Déesse du Soleil, Amaterasu [1]. L’eau qu’il utilisait pour laver ses narines devint le Dieu du Vent et des Tempêtes, Susa-no-wo.Susa-no-wo était un dieu mauvais. Il aimer tourmenter la Déesse Solaire avec toutes sortes de ruses. Un jour, après qu’il ait fait tomber la carcasse d’un animal mort sur la tête de Amaterasu à partir du plafond d’une chambre où elle travaillait, Amaterasu décida qu’elle en avait assez des tours de Susa-no-wo. Elle se retira, très en colère, dans une grotte et bloqua l’entrée avec une grosse pierre. Malgré ses prières et ses supplications pour être pardonné, Susa-no-wo ne réussit pas à changer l’humeur de Amaterasu. Elle resta dans la grotte, refusant d’en sortir.A cause de cela, il n’y eut plus de lumière sur terre. Partout l’obscurité régnait, et la terre ne produisait plus de bons fruits : les récoltes étaient perdues et la vie elle-même était en danger par manque de lumière solaire.Les dieux étaient désespérés et ne savaient pas comment résoudre ce grave problème. A la fin, l’un d’eux, une déesse, eut une inspiration. Sachant que Amaterasu était naturellement curieuse, elle s’approcha de l’entrée de la grotte et improvisa une danse plutôt amusante et indécente, soulevant les rires parmi les dieux. Amaterasu voulut connaître la raison de cette hilarité générale et s’approcha de l’entrée de la grotte pour comprendre ce qui se passait dehors. Elle jeta un coup d’œil par une ouverture entre la paroi et la grosse pierre bloquant l’entrée, mais ne put pas voir grand-chose. Ensuite elle essaya d’utiliser son miroir pour avoir une meilleure vue. L’autre déesse, dehors, commença lentement à s’éloigner de l’entrée, forçant Amaterasu à sortir sa tête dehors. Soudain les dieux lui sautèrent dessus et la tirèrent hors de la grotte par sa tête, la forçant à quitter sa cachette. A ce moment la lumière revint sur terre.Pour sa part, Susa-no-wo décida de quitter la résidence des dieux et tout comme beaucoup d’autres héros divins qui vivaient sur terre, il devint un tueur de monstres. Un jour il vit un énorme dragon sur le point de dévorer une jeune fille. Il se porta immédiatement à son secours et tua le dragon. Il l’épousa finalement et devint l’ancêtre de plusieurs grandes et nobles familles japonaises. Sachant que le dragon avait une épée à l’intérieur de son estomac, Susa-no-wo l’ouvrit et la garda pour lui [2].Amaterasu voulait donner au Japon (le pays du soleil levant) un chef qui pourrait prendre le contrôle des îles. Elle enfanta un enfant et lui dit d’aller au pays du soleil levant pour prendre en charge le destin du peuple qui vivait ici, mais son fils ne voulut pas accepter une telle responsabilité. Il dit ouvertement à sa mère qu’il ne voulait pas aller dans un tel pays, car ses habitants passaient le plus clair de leur temps à se quereller. Il dit : « Envoie un autre à ma place, mon fils Ninizi ». Et ainsi fut fait. Ninizi avait trois enfants, dont l’un, A-Ho-Demi, avait épousé la fille du Dieu de la Mer. Elle lui avait apporté en cadeau le joyau magique des marées hautes et basses, avec lequel il pouvait régner sur l’eau et la contrôler.Son fils, Jimmu-Tenno, fut le premier Empereur « historique » du Japon. Sa dynastie a régné sans interruption depuis lors. Jimmu-Tenno connut un long règne ; cependant son règne est mesuré en « années » plutôt qu’en « siècles », comme pour ses prédécesseurs. Selon la tradition japonaise il arriva au pouvoir le 11 février 660 av. JC.A la même époque un voyageur grec nommé Eudoros arriva sur la côte sud de la Gaule, épousa la fille d’un chef gaulois local et fonda la cité aujourd’hui connue sous le nom de Marseille. De nos jours, le 11 février est toujours une fête nationale japonaise.Nous avons déjà mentionné le Joyau, l’Epée et le Miroir. Avec ces objets dotés d’un pouvoir magique et divin, l’Impératrice Jingo conquit la Corée en 200 apr. JC. Selon la tradition japonaise, les dieux avaient dit à son époux (qui était mort entre-temps) que les terres à l’ouest du Japon « attendaient d’être conquises ». Aujourd’hui, les trois symboles les plus sacrés (le Miroir de la déesse Amaterasu ; l’Epée que Susa-no-wo trouva dans le ventre du dragon qu’il avait tué ; le Joyau magique des marées hautes et basses offert à Ho-Demi par le père de son épouse, le Dieu de la Mer) sont conservés dans le Temple d’Ise, qui est le sanctuaire le plus vénéré par les Japonais.En 1941, le gouvernement impérial envoya une délégation officielle à ce temple, pour demander aux dieux nationaux : « Devons-nous déclarer la guerre aux Etats-Unis ? ». Les dieux, par l’intermédiaire des prêtres officiants du culte national, répondirent positivement. Le 7 décembre 1941, les avions japonais attaquèrent la base navale de Pearl Harbor, située à Hawaï. En 1945, après la destruction de Hiroshima et Nagasaki par des bombes nucléaires, les dieux furent à nouveau consultés par le gouvernement japonais dans le Temple d’Ise. La question fut posée en ces termes : « Devons-nous combattre jusqu’au dernier homme ou devons-nous capituler et nous préparer à combattre à nouveau dans le futur ? ». La réponse des dieux fut : « Rendez-vous, car nous aimons votre peuple ». Le reste est de l’histoire.L’occupation américaine, qui dura plusieurs années, ne brisa jamais complètement l’esprit du Japon, c’est-à-dire l’esprit du Shinto. Le Shinto est la religion nationale japonaise. Son essence peut être essentiellement résumée en ces termes : le culte du Soleil, qui est le principal dieu du Japon, et le culte des héros nationaux et des ancêtres. Au Japon toutes les religions sont tolérées. Beaucoup le considèrent même comme une nation bouddhiste. C’est vrai en un certain sens. Le bouddhisme fut introduit au Japon en 550 apr. JC, venant de la Corée voisine, grâce au prince Shotoku, qui mourut en 601 apr. JC. Cependant, pour se développer, le bouddhisme dut incorporer plusieurs croyances et pratiques Shinto. Plusieurs souverains japonais, comme ceux de la dynastie bien connue des Shoguns qui dura jusqu’en 1866, embrassèrent le bouddhisme Zen. Néanmoins, l’esprit héroïque et guerrier du Shinto, qui rend un culte à la nature, au Soleil et aux ancêtres de la race japonaise, fut toujours présent chez eux.Il existe plusieurs textes et poèmes inoubliables qui expriment cet esprit Shinto incarné dans la vie du peuple japonais. Ces textes parlent du détachement suprême montré dans chaque action de la vie des membres du culte national japonais. Hideyoshi Toyotomi, le grand guerrier et administrateur qui construisit la fameuse forteresse d’Osaka, écrivit apparemment peu de temps avant sa mort : « Comme une goutte d’eau je vais disparaître et retourner dans l’air, mais la forteresse d’Osaka se dressera comme un rêve merveilleux ». A ce jour cette forteresse se dresse toujours, forte et fière, comme un monument national.Le 14 août 1281, Koubilaï Khan, le neveu de Gengis Khan, envoya sa flotte de guerre, comprenant plusieurs centaines de vaisseaux, pour conquérir le Japon. Les Japonais n’auraient pas pu retenir cette menace pendant longtemps. Néanmoins ils étaient prêts et déterminés à combattre et à mourir jusqu’au dernier homme pour défendre leur terre contre l’envahisseur mongol. Soudain un vent puissant, précédant une terrible tempête, détruisit totalement la puissante flotte ennemie. Six siècles plus tard, l’Empereur Meiji écrivit dans un poème : « Faites tout ce que vous pouvez par vos pouvoirs naturels ; mais ensuite agenouillez-vous, et remerciez et honorez le vent divin de Ise, qui détruisit la flotte des Tartares ».Il existe plusieurs dictons populaires qui illustrent l’esprit Shinto, comme celui-ci : « Soyez comme le sakura (le fleur du cerisier) quand vient son temps de tomber et de mourir. Quand la tempête secouera l’arbre, vous tomberez et mourrez sûrement. Mais vous tomberez et mourrez avec grâce ».Les Japonais surent comment « tomber avec grâce » au cours de leur histoire. Cependant, ils surent toujours comment sauver la face et vivre avec leur valeurs. Nous ne pouvons pas nous rappeler sans admiration les fameux pilotes kamikaze, les jeunes hommes qui étaient volontaires pour mourir avec leurs avions qui devenaient des « bombes volantes ». Ces jeunes hommes s’immolaient sur les bateaux de guerre américains et particulièrement sur les porte-avions. Nous devons nous rappeler leurs attaques sur les porte-avions [*] « Repulse » et « Prince of Wales ». On m’a raconté que ces pilotes étaient impatients d’atteindre le « grand jour » de leur sacrifice ; alors que leur dernier jour se rapprochait ils devenaient toujours plus heureux de donner leurs vies pour leur Pays et leur Empereur. Dans leurs dernières pensées ils se souvenaient de leurs brèves vies et de leur loyauté au Soleil Levant, qui était incarné dans la dynastie solaire des Empereurs. Avant de percuter ils criaient pour la dernière fois leur cri de guerre qui exprimait bien leur état d’esprit : « Heike Tenno Banzaï ! » [3]. Alors, calmement et fermement, ils dirigeaient leurs avions chargés d’explosifs sur les cibles ennemies qui avaient été choisies pour être frappées et détruites.Les écritures Shinto, en particulier le Kojiki (Le Livre des Dieux) et le texte connu sous le nom de Nihongi (Le Livre des Empereurs), écrit vers 720 apr. JC, huit années après la compilation du Kojiki, dédié à divers chefs et Empereurs (qui, d’après la tradition nationale, étaient des enfants du soleil), furent écrits pendant le règne de l’Empereur Jimmu, au huitième siècle. Le Shinto prit sa forme de religion de la nature et des héros grâce à deux grands érudits japonais, Maturi et Hirata. Quand le Japon capitula en 1945, l’arrivée des troupes américaines sur le sol japonais représenta un événement unique dans l’histoire nationale du Japon, car ils étaient les premiers à occuper le pays du Soleil Levant. L’armée américaine était la seule dans l’histoire du Japon à avoir mis le pied sur son territoire. De plus, cette armée venait pour imposer au peuple japonais une idéologie radicalement étrangère à leur tournure d’esprit, spiritualité, et identité nationale.L’une des premières politiques du gouvernement d’occupation américain fut de prohiber l’enseignement, dans toutes les écoles du Japon, des textes Shinto mentionnés ci-dessus, c’est-à-dire Le Livre des Dieux et Le Livre des Empereurs. Les Japonais n’opposèrent aucune résistance à ces actions hostiles (mais à nouveau, pourquoi auraient-ils résisté ? Les dieux avaient clairement dit qu’il était nécessaire d’accepter les termes de la reddition et de continuer à « vivre »). Le Japon courba la tête avec un sourire : « La démocratie ? Bien sûr ! L’Empereur est un homme comme un autre ? Très bien ! Vous appelez nos chefs politiques et militaires des "criminels de guerre" ? Vous avez sans doute raison, puisque vous avez gagné la guerre, et comme l’histoire l’enseigne, les vainqueurs ont toujours raison ». Les Japonais sourirent jusqu’à ce qu’un traité de paix, relativement et comparativement pas trop dur, soit signé. Ils sourirent jusqu’au jour où le dernier soldat des forces d’occupation américaines ait quitté la terre du Soleil Levant. Le jour suivant, les textes sacrés furent réintroduits dans les salles de classe. De plus, les enfants des écoles furent envoyés visiter (une pratique toujours suivie de nos jours) les restes des cités de Hiroshima et Nagasaki, qui avaient été détruites par des bombes nucléaires, pour admirer le génial travail des « défenseurs de l’humanité ». Comme si cela n’était pas suffisant, les étudiants furent envoyés visiter le Temple de Gamagori, qui contient les restes du général Hideki Tojo et d’autres « criminels de guerre » exécutés par les Américains. Chaque étudiant japonais a l’honneur d’allumer un petit bâton d’encens pour vénérer la mémoire de ces hommes qui se sacrifièrent pour le Japon et pour son peuple. Ces « criminels de guerre » sont encore considérés aujourd’hui comme des héros nationaux et leurs personnes sont et seront vénérées comme telles dans les siècles à venir [4].Oh, pauvre Japon, fidèle à tes fils, notre allié pendant la 2ème Guerre Mondiale ! Je t’admire et t’envie ! Quand bâtirons-nous, nous, Européens, un Temple ou au moins un monument pour honorer la mémoire de nos héros, de nos morts, de nos chefs, que nos ennemis appellent encore aujourd’hui « criminels de guerre » ? Quand rendrons-nous publiquement et librement hommage à nos morts comme vous le faites pour les vôtres ?Nous aussi aurions été capables d’honorer fidèlement nos camarades tombés si nos Princes et nos Rois, il y a bien longtemps, à partir du cinquième jusqu’au quinzième siècle en Prusse, n’avaient pas imposé le Christianisme, par la force pure, à nos populations aryennes. N’oubliez pas, chers amis japonais, que les Aryens, avant d’être convertis, étaient des « adorateurs du Soleil », des fidèles du culte des héros, du sang et du sol, tout comme vous ! L’un de vos compatriotes, qui travaillait à l’Ambassade japonaise à Calcutta en 1940, avait raison lorsqu’il me dit : « Votre National-Socialisme est, d’après nous, juste une forme occidentale du Shinto ! »Notes[1] Le caractère solaire de la tradition religieuse du Shinto japonais est incarné dans la figure divine de l’empereur, qu’on croit être d’origine céleste. Il est considéré comme un descendant direct de la déesse Amaterasu, dont le caractère solaire apparaît dans toute la tradition religieuse du Japon.[2] L’épée, ainsi qu’un miroir et un joyau, sont des symboles sacrés encore employés dans les rituels Shinto.[3] Le sens de cette expression est : « Puisse l’Empereur vivre dix mille années ! »[4] Pour une description complète de la manière dont moururent ces dénommés « criminels de guerre » japonais, voir la traduction française La voie de l’Eternité (1973) par Pierre Pascal, du livre de Shinsho Hanayama The Way of Eternity. Cet auteur passa du temps avec ces héros du Soleil Levant pendant les derniers mois de leurs vies.[*] Déjà âgée alors qu’elle écrivait cet article, S. Devi fait une erreur de mémoire. Ces deux bateaux anglais n’étaient pas des porte-avions mais des cuirassés, et ils furent coulés par l’aviation japonaise dans les premiers mois de la guerre, pas à la fin de celle-ci et pas par des Kamikaze. [NDT]« Shinto – La via degli dei », Arya, N° 4 (juillet 1980). Traduction de Guido Stucco. L’essai de Savitri Devi « Shinto – The Way of the Gods » fut écrit en anglais à New Delhi en 1979. Il fut ensuite traduit en italien par Vittorio De Cecco pour le périodique NS de langue italienne Arya, édité à Montréal. L’original en anglais est perdu. Des passages de cet essai ont pu paraître d’abord dans le Eastern Economist de Asit Krishna Mukherji, qui fut publié en collaboration avec les Japonais en 1938-1941.

jeudi 30 juillet 2009

LUGHNASADH le 1er AOUT

Lughnasadh ou Lugnasad se fête le jour de la maturité de tous les fruits. Le sens éthymologique du terme est « assemblée de Lug ».
C’est une fête dont on a très peu de sources Gauloises, de fait nous sommes obligés de nous tourner vers l’Irlande, une fois de plus. Et là, les sources sont très pertinentes.


Histoire
Pour commencer grâce au texte de l’Assemblée de Tailtiu sur le rétablissement de la fête en 1006 par le souverain Maelsechlainn on peut tirer les conclusions suivantes :Lugnasad était une fête en l’honneur de la Déesse Tailtiu qui représentait la Terre-Mère en Irlande, l’Irlande elle-même mais en tant qu’Omphalos (le nombril du monde, le point de l’espace où se rejoignent le ciel et la terre, les morts et les vivants, mais aussi où s’anihile le temps) royal. La souveraineté féminine de l’Irlande est ainsi mise en évidence, comme c’est souvent le cas. C’est Lug en personne qui fut le promoteur de la fête en l’honneur de sa nourricière. Celle-ci est morte pour assurer la perennité de son peuple et chaque fête lui permet de « revenir » pour maintenir la richesse matérielle.Pour célébrer cette fête, les jeux étaient à l’honneur, des jeux funèbres en l’honneur de la Mère de Lug. Les richesses doivent être exposées : or, argent, jeux, musique etc. On faisait aussi des concours d’éloquence, le tout dans la bonne humeur obligatoire, pas de querelles, l’amitié devait prévaloir avec l’honnêteté, la légèreté. La magie noire était interdite également.Lugnasad était une fête obligatoire (sous peine d’orgueil et de vieillissement prématuré mais pas de mort comme pour Samonios), divine, perpétuelle, royale garantissant la paix et l’abondance. Les druides y assistaient en faisant des concours de l’éloquence et de science dans un esprit de coopération, les guerriers aussi mais pas à cheval et en paix, et enfin le peuple des agriculteurs, respecté pour sa fonction utile à la royauté et au bien-être de chacun.En transposant cela pour la Gaule, la fête peut tout à fait demeurer une fête en l’honneur de notre sol et de la Terre-Mère (sans son aspect de fertilité dévolu ici au roi) tout en fêtant la souveraineté de son Fils Lugus, un des Dieux les plus importants du panthéon celtique gaulois également.Un autre texte intéressant nous fourni des informations relativement similaires : l’assemblée de Carman. Il nous enseigne aussi que la fête se célébrait dans un lieu sacré parsemé de tombes princières. Le folklore a gardé cet aspect et on fête souvent Lugnasad sur un site préhistorique et/ou en hauteur.Les jeux duraient environ une semaine, l’amitié, la paix, l’abondance matérielle et la pureté morale (il est même interdit de se moquer des autres) sont à l’honneur. Les musiciens jouent qu’ils sont bons ou non, on montre ses compétences dans divers domaines. Et le roi récompensait chacun selon son art.Le festin quant à lui, n’était pas le but de la fête, on ne vient pas fêter Lugnasad pour manger. Cela n’empêche, cependant pas, de profiter enfin des récoltes : pommes de terre, céréales, blé, avoine et orgeLe roi montre les meilleurs côtés de la royauté, le don de soi et le partage, la générosité royale. C’est lui le moteur de la fête, les druides ne sont que participants sans cérémonie religieuse. Lug étant souvent considéré comme le roi des Dieux, se retrouve être l’archétype du bon roi, à l’honneur pour cette fête qui fait rêver lorsqu’on regarde notre société aujourd’hui et ses nombreuses inégalités…On retrouve dans cet aspect de don royal, un côté solaire très marqué, rayonnant et généreux.Dans cette atmosphère d’honnêteté, il semble pertinent de favoriser les échanges commerciaux et économiques (foires et autres échanges), le règlement des questions politiques, les mariages, l’audition des poètes et musiciens, les trèves militaires etc.A Lyon, anciennement Lugdunum, ville de Lugus, se tenait une assemblée à la même date : le conseil des Gaules. Le coïncidence est étonnante, si c’en est une. Mais les Gaulois étant très proche des Irlandais, et conscient de leur unité religieuse et linguistique n’ont pas pu mettre en place cette fête par hasard. Nou avons peu d’informations sur elle mais on sait qu’elle était politique et religieuse.Si vous souhaitez faire une cérémonie, peut-être est-il important de mettre l’accent sur les valeurs humaines et sociales, sur la politique et les changements à apporter, sur la paix dans le monde, les respects des êtres humains et de la Terre-Mère. Pour cela appellons Lugus, le grand médiateur entre le ciel et la Terre… Il n’est pas nécessaire de faire un rituel complexe d’offrande, les sacrifices étant absents de cette célébration, mais il me semble important de rétablir Lugnasad dans ses valeurs premières et de l’adapter à notre époque. La christianisation en a fait une fête uniquement agraire (récoltes, moissons) et à lire les descriptions de cette fête et l’accent mis sur les moissons systématiquement, il apparaît que beaucoup de païens ont été influencés par cette vision simpliste de la fête. Pourtant il faut bien garder à l’esprit son aspect paradoxal : la mort et la joie de l’abondance se côtoient.
Le visage de la Déesse lors de Lughnasadh
Lughnasadh est l’automne celtique. La nature est sèche souvent, la chaleur du soleil a déjà fait jaunir quelques feuilles voire quelques arbres. Mais cela dépend de la région où vous vivez, le visage de la Déesse est assez différent selon les lieux…C’est une bonne période pour rendre grâce à la Déesse de ce qu’elle nous a accordé suite aux prières et aux rituels des fêtes précédentes. Rosmerta, la Déesse de l’abondance peut être mise à l’honneur en plus de Lugus mais la Grande Déesse Mère également.La Mère est considérée comme généreuse et son don est gratuit, comme doit l’être celui du roi en cette période. La maternité nous offre le moyen de découvrir cette facette en nous, nous donnons à nos enfants sans compter et sans rien attendre en retour que leur bonheur et leur réalisation en temps qu’individu.Lughnasadh est un bon moment pour remercier les mères terrestres, pour prier le Trois Matres familiales, et pour réfléchir à notre rôle de femme dans son aspect maternel (que nous ayons des enfants ou non). L’homme quant à lui peut aussi réfléchir à son côté paternel et aux nombreuses similitudes que son rôle peut avoir avec celui de la mère.La notion d’union lors de Lugnasad est très forte : union du soleil et de la lune, des hommes et des femmes, fusion de la mère et de l’enfant. Le résultat de l’union est à méditer.

Actes
Traditionnellement, on consomme du pain, ou un produit des premières récoltes. On partage la nourriture. On cueille les premiers fruits et on étudie l’astrologie. Symboliquement, certains païens jettent des morceaux de pain dans le feu.
Le festival de Lammas est une pause qui permet de se détendre, de s’ouvrir au changement de saison, et de s’unir aux énergies.
C’est le bon moment pour les charmes favorisant l’abondance, la santé, la prospérité et la chance.

Proposition d’activités
Se promener dans les champs, les vergers, près des lacs ou des puits. Constater les dons des DieuxFaire des noeuds de moisson avec des épis de blé, ou des petites poupées en épis de maïs (pour décorer l’autel), c’est une vieille coutume de folklore.Préparer toutes sortes de pain (par exemple, en forme de couronnes pour symboliser le soleil).Faites la paix avec vos ennemis quand c’est possible, travaillez à plus de sereinté dans votre vieSoyez honnêtes si ce n’est pas dans vos habitudes ;o).Faites l’expérience du don gratuit comme vous l’entendez.

Plantes
Bruyère, feuilles de mûriers, camomille matricaire, laurier et ce que vous trouverez à maturité.

Couleurs
Jaune, orange, marron etc.

Encens
Utilisez la base verveine/oliban citée pour la fête de Samonios, y ajouter de l’écorce de chêne, des fleurs de bruyère, des feuilles de mûriers, des glands réduits en poudre, des fleurs de camomille matricaire séchées, de laurier etc.Suivez les indications plus haut, pour faire de l’huile, si vous en voyez l’utilité dans votre célébration de la fête.

Nourriture
Blé, avoine, orge, pains, lait, pommes de terre, baies et autres fruits et légumes de saison.

Recettes
Tarte aux mûres de Brigitte
Recette extraite du livre d’ Edain McCoy, The Sabbats : A New Approach to Living the Old Ways, page 179, Llewellyn Publications, 1994.
4 tasses de mûres fraîches (ou surgelées)
1 et 1/2 tasse de sucre
1/3 tasse de farine
1/4 cuillère à café de cannelle
une pincée de sel
un rouleau de pâte brisée
Préchauffer le four à 180°C
Etaler la pâte dans un moule à tarte.
Préchauffer la pâte, et la réserver.
Mélanger tous les autres ingrédients dans un grand bol.
Si le mélange paraît trop “humide”, ajouter un petit peu plus de farine (environ 2 cuillères à soupe).
Verser le mélange sur la pâte et parsemer de noisettes de beurre ou de margarine.
Vous pouvez cuire la tarte ainsi ou la recouvrir d’un autre rond de pâte pour faire une tourte. Dans ce cas, pincer les bords pour coller les deux pâtes, et inciser pour former des losanges.
Cuire environ une heure (à 180°C), jusqu’à ce que la pâte soit bien dorée.
Pain Complet
d’après la recette de Dan & Pauline Campanelli, Ancient Ways : Reclaiming Pagan Traditions, pp. 132 .133, Llewellyn Publications, ©1991, 1992.
Dans un large bol, mélanger :
2 tasses de lait tiède
2 sachets de levure de boulanger
1 cuillère à café de sel
½ tasse de miel
¼ tasse de sucre brun en poudre
Couvrir ce mélange, et le laisser reposer dans un endroit chaud, jusqu.à ce qu.il ait doublé de volume (environ une heure). Ajouter à ce mélange :
3 cuillères à soupe de beurre fondu
2 oeufs
1 tasse de farine
Battre jusqu’à ce que la pâte se couvre de bulles. Ensuite verser :
½ tasse de germe de blé ½ tasse de flocons d.avoine 2 tasses de farine de blé 2 cuillères à soupe de graines de sésame
Avec des mains farinées, tourner la pâte et la poser sur une planche farinée. Pétrir régulièrement dans de la farine jusqu.à ce que la pâte devienne lisse et élastique, et ne colle plus aux doigts. Placer cette pâte dans un bol graissé. Puis couvrir avec un torchon propre et laisser lever dans un endroit chaud environ une heure.
Puis rompre la pâte et la diviser en deux. Façonner grossièrement deux miches. Les poser sur une tôle graissée (ou dans des moules à cake graissés). Les couvrir et les laisser de nouveau lever dans un endroit chaud.
Cuire les miches dans un four préchauffé à 180°C pendant environ une heure. Le pain est cuit s’il sonne creux quand on le tape.
Pain complet (autre recette plus facile)
12 g de levure
280 g d’eau
400 g de farine complète
8 g de sel
10 g de poudre de lait
1 oeuf
Délayer la levure avec de l’eau tiède puis pétrir avec l’ensemble des ingrédients. Recouvrir et laisser pousser 45 min . Diviser la pâte en 2 et les mettre dans des moules à cakes. Laisser lever 1 heure. Dorer à l’oeuf et inciser avec un couteau. Four à 240(th. pendant 35 min.
Petits pains complets aux noix
260 g de farine T45ouT55
200 g de farine complète
1 c. à s. de sucre
1 c. à s. d ‘huile
10 g de sel
30 cl d ‘eau tiède
1 sachet de levure de boulanger
60 g de noix
Pétrir le tout pendant 3 minutes environ en prenant soin de ne pas mettre la levure en contact avec le sel. Ajouter les noix. Laisser la pâte lever dans un bol filmé pendant 40 minutes environ selon le temps et l ‘humidité.
Diviser en 12 parts égales. Façonner et rouler dans la farine.
Poser sur une tôle. Laisser lever 20 minutes environ dans un endroit chaud et humide. Inciser en forme de croix. Préchauffer le four th.8/240°C, et enfourner 20 minutes et baissant le four Th.6/180°C.Varier avec des raisins secs, noisettes, pignons de pin, pépites chocolat, graines de sésame.
Potage aux poireaux et pommes de terre
Tirés du site de Sheluna
En Irlande, Lammas est devenue une fête agraire associée aux moissons. C’est pourquoi, ces repas sont liés aux moissons et à la lumière.
Ingrédients :
2 poireaux
4 pommes de terre
4 gousses d’ail
250 gr de tiges tendres et de feuilles de pourpier
1 litre et demi d’eau
de l’huile d’olive
sel,
poivre
Préparation :
Choisissez des feuilles et des tiges de pourpier bien tendres et bien vertes. Nettoyez bien les légumes (pourpier, poireaux et pommes de terre) et coupez-les en morceaux. Plongez le pourpier 10 mn dans l’eau froide. Dans une marmite, versez l’huile d’olive et faites-y revenir les poireaux. Ajoutez les gousses d’ail, les pommes de terre, l’eau, le sel et le poivre. Laissez mijoter 30 mn puis portez à ébullition. Ajoutez ensuite le pourpier et continuez la cuisson 5 mn de plus. Passez le tout au moulin à légumes et servez chaud en ajoutant encore un peu d’huile d’olive, du sel et du poivre si nécessaire.
Soupirs des fées
Recette tirée du site de Sheluna
La légende prétend qu’une fée, jeune, jolie et timide, préparait ces beignets pendant la visite d’un seigneur voisin. Emue par la présence de cet homme, la jeune fée libéra un tel vent, ou un tel soupir, dirons-nous pudiquement, que les beignets se gonflèrent d’air pour s’envoler tous seuls vers le sucre et le plat de service.
Ingrédients :
125 gr de farine
60 gr de beurre
4 oeufs
du sucre cristallisé
1/4 de litre d’eau
1 pincée de sel
1 bain de friture
Préparation :
Préparez la pâte à choux en portant à ébullition le quart de litre d’eau avec le beurre en morceaux et une pincée de sel. Ajoutez la farine d’un seul coup et mélangez fortement pour obtenir une pâte qui ne colle pas. Retirez du feu et incorporez les oeufs. Mélangez encore. A l’aide d’une cuillère en bois, prélevez un peu de pâte et plongez-la dans la friture bouillante. Retournez le beignet pour une cuisson régulière. Déposez les beignets sur du papier absorbant en fin de friture puis roulez-les dans le sucre cristallisé. Servez chaud.

mercredi 15 juillet 2009

LIBERTE POUR JOSUE!

Freedom for Josue -French readers Le 11 Novembre 2007, une foule compacte de militants d’extrême gauche arrivèrent dans la station de métro de Legazpi, à Madrid (Espagne).Leur intentions étaient claires : attaquer quiconque qui serait suspecté d’être un « patriote Espagnol ». Il avaient en effet appris la tenue d’un meeting organisé par un parti nationaliste Espagnol non loin de là, connu et autorisé par les autorités gouvernementales. La seule chose que les membres du groupe d’extrême gauche antifasciste avaient en tête était d’empêcher le meeting nationaliste et d’attaquer le plus de personnes concernées possible. Telles étaient leurs intentions. Lorsque que cette foule arriva sur les bords de la station de métro, cherchant à déclencher une violente émeute, une rame de métro arriva. A son bord se trouvait Josué, un jeune homme dont le look pouvait être pris comme une provocation par les nervis d’extrêmes gauche. Josué se rendu compte immédiatement du risque qu’il courait. (Une station de métro pleine d’antifascistes cherchant une victime.) Il était seul et sur les bords de la station de métro, ils étaient plus de 50. Il se résolu à protéger sa vie. Les portes s’ouvrirent et la rame de métro se remplit de cette misérable foule. Ils remarquèrent immédiatement Josué et étaient prêt à l’attaquer et le lyncher ! (Sur la vidéo de surveillance du métro, on peut voir à la 39ème seconde, un des extrémistes de gauche situé devant la porte s’armer d’un poing américain, les autres riant et regardant Josué de travers par rapport à son look.) Josué bloqué, bien que prêt à défendre sa vie, essaya de sortir de la rame de métro quand tout le groupe d’extrême gauche entra. Mais l’un d’eux, Carlos Javier Palomino, bloqua la porte de sortie de son bras et commença à demander à Josué pourquoi il avait ce look. Nous savons tous comment se termine ce genre d’histoire. Tout le monde sait qu’il ne va pas s’engager une discussion sur les vertus du socialisme international ou de la nationalisation des banques. Non. nous savons tous que la prochaine étape est un tabassage en règle, un poing américain te ravageant la figure, tes cotes...Etc. C’est la vérité. Et Josué se résolu à ne pas les laisser l’envoyer à l’hôpital dans le coma ; Josué décida de na pas être une autre victime, comme Eduardo Garcia Gelber, tué il y a quelques années à Barcelone dans des circonstances similaires. Non, Josué se résolu à défendre sa vie. On se fout de savoir si Josué était de telle ou telle idéologie ou non. S’il aimait le football ou les combats de taureaux. Josué voyageait dans le métro, SEUL. Et il s’est fait harceler par une cinquantaine d’extrémistes de gauche enragés qui n’avait qu’un seul objectif ce matin là : faire face violemment au « fascisme ».S’il vous plait, Faites circuler cette histoire. Ne laisser pas faire la manipulation de cette information et le parti-pris des média de masse que subit Josué. Et tous les mensonges hypocrites de l’extrême gauche madrilène. Ils jouent avec la vie d’un homme qui a simplement agit comme n’importe qui d’autre aurait agit dans les mêmes circonstances : DEFENDRE SA VIE !!JUSTICE POUR JOSUE !! LIBERTE POUR JOSUE !!DEFENDRE SA VIE N’EST PAS UN CRIME!!

samedi 11 juillet 2009

DANS LES BACS!

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lundi 6 juillet 2009

CAMP NATIONALISTE


GENERATION FA8 INTERVIEW PIERRE VIAL

http://www.generationfa8.com/annonces.phpEntretien de Pierre Vial
Cette semaine nous recevons Pierre Vial. Il est président de l’association Terre et Peuple. Ancien membre du Front National, ayant participé également à la fondation du GRECE, Pierre Vial avec cet entretien fait le point sur son engagement politique et associatif. Il anime aussi, Europe-Identité qui est un centre d’analyses et de formations politiques. Il nous présente ses vues, ses idées et expose clairement les raisons de son engagement.
Nous le remercions d’avoir répondu à nos questions.
GENERATION FA8 : Bonjour. Serait-il possible de vous présenter en quelques mots ? Pourriez-vous exposer les points saillants de votre engagement politique ?
Né le 25 décembre (eh oui !) 1942, je me suis engagé au printemps 1958 dans les rangs de Jeune Nation. J’ai participé aux combats, officiels (Fédération des Etudiants Nationalistes) et clandestins pour l’Algérie Française. Ensuite Europe-Action (et le passage d’un nationalisme français à un nationalisme européen) puis le choix, en 1968, d’un travail métapolitique avec le GRECE, fondé avec une dizaine de camarades. J’en ai été le secrétaire général de 1978 à 1984. En 1987 j’ai adhéré au Front National (choix très mal vu par Alain de Benoist et ses fidèles, d’où mon divorce avec la Nouvelle Droite, dont les nouvelles orientations, en rupture avec la ligne initiale, ne me convenaient pas). Elu conseiller municipal FN de Villeurbanne ( 2e ville du Rhône, avec 130 000 habitants) de 1989 à 2006, j’ai été par ailleurs conseiller régional de Rhône-Alpes de 1992 à 2004. Membre du Bureau Politique du FN depuis le congrès de Strasbourg, j’ai été de ceux qui ont organisé la scission de 1998, avant d’être vite déçu par Mégret (j’ai rompu avec lui lorsqu’il a refusé de s’engager à ne pas appeler à voter Chirac). En 1995 j’ai fondé Terre et Peuple et j’ai rejoint récemment la direction de la Nouvelle Droite populaire, sur proposition de mon vieil ami Robert Spieler.
GENERATION FA8 : Récemment, vous avez adhéré à la NDP. Si le PDF ou le FN vous avaient par exemple proposé de les rejoindre, quelle aurait été votre réponse et pour quelles raisons ?
J’ai la plus grande estime pour Carl Lang, j’ai incité les membres de Terre et Peuple à l’aider au cours de sa campagne pour les Européennes et j’espère bien voir naître une structure fédérant, d’une façon souple préservant l’autonomie des parties prenantes, la NDP, le PDF, le MNR et, autant que possible, d’autres organisations. Je contribuerai le mieux possible à un tel projet car je crois que le temps des structures monolithiques, n’existant que par et pour un homme (ou une femme…), est fini. Ce dernier point vous donne ma réponse concernant le FN.
GENERATION FA8 : Les perspectives d’avenir sont bien sombres pour notre pays et notre civilisation. Les statistiques économiques, démographiques ne plaident pas en notre faveur. Avez-vous encore de l’espoir que la situation s’inverse ? D’ailleurs comment la chose est-elle possible ?
Maurras disait qu’en politique le désespoir est une bêtise absolue et il avait, sur ce point comme sur bien d’autres, raison. Ceci étant, la situation n’incite pas à l’optimisme. La crise financière et économique, qui démontre la nocivité intrinsèque du libéralisme capitaliste, fait beaucoup de dégâts et beaucoup de victimes et nous n’avons peut-être pas encore vécu le pire… Mais je fais partie de ceux qui considèrent que l’économisme – c’est à dire le fait de placer l’économie comme agent directeur de l’évolution des sociétés humaines, ce qui est le propre aussi bien du libéralisme que du marxisme – est une erreur fondamentale, l’économie étant un outil, certes indispensable mais qu’un pouvoir politique digne de ce nom utilise le mieux possible au lieu d’être utilisé par lui, comme c’est le cas aujourd’hui. Le problème est tout différent avec la démographie, qui est une clé majeure de l’Histoire. Mais il revient là encore à un pouvoir politique compétent d’impulser et de gérer une politique nataliste. Les peuples sans enfants, ou avec trop peu d’enfants, sont condamnés à être submergés par les peuples prolifiques. Ceci étant, je partage le point de vue souvent exprimé par Dominique Venner dans la Nouvelle Revue d’Histoire : l’Histoire n’est jamais écrite à l’avance, elle est ouverte, tout reste toujours possible. A condition qu’il y ait une volonté. Car, comme chacun sait, là où il y a une volonté, il y a un chemin. Comme vient de le rappeler, mot pour mot, Mgr Fellay, qui incarne une fidélité pour laquelle j’ai beaucoup de respect, ce qui n’étonnera que les imbéciles.
GENERATION FA8 : Tout le monde sait que vous êtes païen. Pourtant, nous vous avons vu récemment à Saint-Nicolas du Chardonnet pour honorer la mort d’un camarade parti trop tôt. L’effort que vous avez fait vous illustre. Cependant, les responsables politiques de notre famille de pensée peuvent-ils être capables de faire des compromis ou de mettre de l’eau dans leur vin, afin de se parler pour savoir ce qu’il est possible de construire ensemble ?
Je ferai encore référence à Maurras en parlant du nécessaire compromis nationaliste. Qui repose sur l’impératif de grouper toutes les forces disponibles pour faire face au péril mortel pour notre culture et notre civilisation que représente l’immigration-invasion. Pour utiliser une image simple, quand la maison brûle tous les pompiers sont les bienvenus. Comme j’attache de l’importance à mettre en concordance ses paroles et ses actes, j’ai travaillé sans état d’âme, dans les années 1990, avec de célèbres catholiques de tradition : au FN je travaillais en tandem avec Bernard Antony pour la formation des cadres et j’ai collaboré à Présent en donnant quelques articles à Jean Madiran. J’ai été heureux de converser avec Dom Gérard au Barroux. Je conçois que cela perturbe les a priori de certains mais je n’ai jamais eu de goût pour le sectarisme.
GENERATION FA8 : L’islamisation de notre société est un fait qu’il est difficile de nier. Comment faire pour la combattre ? De même, peut-on être un musulman et Français selon vous ?
L’islamisation est un phénomène de guerre culturelle. Quoi qu’en disent ceux qui refusent de voir en face les évidences, le choc des civilisations est une réalité. On ne peut lutter contre une conception du monde qu’en lui opposant une autre conception du monde (illustration : la place et le rôle reconnus à la femme dans une société…). Islam et culture européenne ne sont pas compatibles.
GENERATION FA8 : Une partie non négligeable de la mouvance nationale voit dans l’islam la principale menace pour la France et l’Europe. Or, dans un système républicain, la religion est affaire privée et ne peut donc être un danger pour le bon fonctionnement de l’Etat. Qu’est ce qui fait la différence entre l’islam et les autres religions implantées depuis beaucoup plus longtemps en Europe ?
L’islam est une religion conquérante : le monde entier doit être, un jour ou l’autre, soumis à la loi d’Allah. Laquelle doit régir tous les actes de l’individu au sein d’une société formatée par les diktats coraniques. L’islam n’est donc pas, ne peut être un simple choix de vie privée puisqu’il s’impose sur le terrain public. Les jobards (ou les complices) qui parlent d’un islam tolérant veulent faire oublier le vieux principe musulman : la main que tu ne peux trancher, baise-la. En attendant le jour où…
GENERATION FA8 : Loin d’un « choc des civilisations » ou une affaire de voile, peut-on raisonnablement penser que les différents peuples européens acceptent de fait d’abandonner leurs prérogatives au profit de coutumes venues des quatre coins du monde ? Comment se fait-il que les différents peuples européens ne rejettent pas massivement des contraintes insupportables imposées par les différents gouvernements œuvrant pour le mondialisme ?
Les Européens sont victimes du conditionnement mental très efficace, qui commence dès l’école maternelle et se poursuit en particulier par le biais des media, en faveur de « l’ouverture à l’autre », le devoir de tolérance, l’impératif de la repentance. Tout cela au nom des « droits de l’homme », religion dont les zélotes ont pour but de faire tomber les défenses immunitaires du mental européen pour le formater à leur guise. Compte tenu des moyens dont disposent ces gens, qui contrôlent toutes les formes de pouvoir (politique, social, économique, culturel) il n’est pas étonnant qu’ils aient réussi à prendre en main beaucoup d’Européens, déboussolés, décervelés, désarmés.
GENERATION FA8 : Dans une perspective d’union des forces nationales, le Front National aurait-il sa place dans cette reconstruction à venir ? De même que pensez-vous des Assises du renouveau national et identitaire proposées par la NDP ? Le Bloc Identitaire et ses nombreux mouvements satellites auraient-ils leur place ?
Les Assises prévues par la NDP seront une excellente occasion de faire le point sur le projet d’union des forces nationales. Nous tendons et nous tendrons la main à tous. Nous verrons bien qui voudra la prendre. La place du FN dans une telle perspective dépendra de Marine Le Pen puisque c’est elle qui, à l’évidence, va recevoir l’héritage paternel. Quant au Bloc, beaucoup de ses militants sont sur la même longueur d’onde que nous, au point qu’un certain nombre d’entre eux sont à la fois membre du Bloc et de Terre et Peuple, ce que je trouve très bien. Il n’y a donc pas de problème à la base. Par contre, chaque fois que j’ai tendu la main à Fabrice Robert, Vardon et Roudier, je n’ai eu aucune réponse (sinon indirecte, par le biais d’un tel qui a dit à un tel, etc, car ces gens ne disent jamais en face ce qu’ils pensent, sur le thème « Vial est trop extrémiste (sic), d’ailleurs Terre et Peuple ne représente rien (resic) et de toutes façons nous sommes les meilleurs, tous les autres sont des crétins). C’est évidemment bien dommage, car ce sectarisme fait , objectivement, le jeu de nos ennemis, qui redoutent pardessus tout l’union des forces nationales.
GENERATION FA8 : Comment concilier les diverses tendances des résistants au système mondialiste. Certains ne sont plus attachés à la France en tant que nation, d’autres si. Il y a des républicains, des monarchistes et des régionalistes autonomistes. Il y a des catholiques, des athées, des protestants et des païens… Dans ces conditions, l’idée d’un compromis est-elle possible voire souhaitable dans le but de travailler tous ensemble ?
Bien sûr, comme je l’ai dit plus haut, le compromis nationaliste est la condition sine qua non pour que notre camp ait une chance de mettre en œuvre le seul programme d’action qui s’impose aujourd’hui : face à l’invasion, résistance et reconquête. Sous ce drapeau doivent se retrouver au coude à coude, en oubliant une bonne fois pour toutes l’esprit de chapelle, tous ceux qui veulent que leurs enfants et petits-enfants aient encore un avenir digne d’être vécu sur notre terre. Tout le reste est littérature. Evidemment, pour cela, il faut un peu d’intelligence et beaucoup de courage…
GENERATION FA8 : Etes-vous d’accord avec cette phrase : L’Europe est une civilisation grecque, latine et chrétienne ?
J’ajouterai la composante germanique, celtique et slave. Quant à la part chrétienne, elle est une donnée de l’Histoire qu’il serait absurde de nier. Il faudrait pouvoir préciser un certain nombre de choses – mais ce seraient de trop longs développements - sur le fait que le christianisme, né dans un milieu juif, s’est européanisé dès la fin de l’Antiquité pour s’implanter en Europe, en utilisant un syncrétisme intelligent avec les religions qui l’ont précédé sur le sol européen. Syncrétisme remis en cause avec l’évolution moderniste ayant abouti à Vatican II.
Propos recueillis en juillet 2009.