mardi 23 février 2010

Un parti d'extrême-droite tchèque dissous par la justice





http://www.romandie.com/ats/news/100217122253.pbcswls0.asp

PRAGUE - Une petite formation d'extrême-droite tchèque, accusée d'être derrière plusieurs attaques contre les Roms, a été dissoute mercredi par la Cour administrative suprême.

"Le parti politique +Parti ouvrier+ (DS) est dissout", a déclaré le juge Vojtech Simicek, en lisant les attendus du jugement de la Cour à Brno (est).

Selon le gouvernement de Jan Fischer qui a déposé une plainte contre cette petite formation non-parlementaire, le DS représente un "danger pour la démocratie, coopère avec les néo-nazis et aspire au totalitarisme".

La Cour a épinglé des comportements "chauvins" et "xénophobes" des militants de ce parti qui "crée artificiellement un sentiment de menace" pour les étrangers et les immigrants.

Le logo du parti, une roue dentée avec les lettres DS, rappelle celui du Front allemand du travail (Deutsche Arbeitsfront, DAF), une association des travailleurs et d'employeurs inféodée au parti NSDAP en Allemagne nazie, a constaté M. Simicek.

Des manifestations néo-nazies se sont multipliées ces dernières années dans différentes localités de la République tchèque, un pays ex-communiste doté d'une législation libérale en matière de liberté de réunion et d'expression.

Le DS a notamment été derrière de violents incidents avec la police le 17 novembre 2008 à Litvinov (nord-ouest), où ses militants avaient l'intention de pénétrer dans un quartier rom. Le 17 novembre 2009, le DS a tenté de perturber les célébrations du 20e anniversaire de la chute du communisme à Prague.

Une première plainte contre ce parti, déposée fin 2008 par le gouvernement précédent du libéral Mirek Topolanek mais critiquée comme incomplète par des experts, a été rejetée par la Cour administrative suprême en mars 2009.

Fondée en 2002 et baptisé "Parti ouvrier" un an plus tard, le DS est fort de 950 membres, selon son leader Tomas Vandas. Celui-ci a d'ores et déjà annoncé une plainte devant la Cour constitutionnelle contre la dissolution de son parti. Cette plainte, ayant un effet dilatoire, permettrait au DS de se présenter aux prochaines législatives, les 28 et 29 mai.

Hostile à l'appartenance de la République tchèque à l'UE et à l'Otan, il prône l'interdiction des mariages homosexuels et des drogues, ainsi que le rétablissement de la peine de mort.

Lors des élections européennes en 2009, le DS a obtenu 1,07% des voix.

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