mardi 4 mai 2010

tintin,rwaciste?


Un Congolais a assigné en justice l'éditeur de "Tintin au Congo", Casterman, afin d'obtenir l'interdiction de cet ouvrage des années 1930 du géant de la BD belge Hergé, qu'il estime "raciste" à l'égard des Africains, a indiqué mardi une porte-parole de la maison d'édition.
"Nous comparaîtrons le mercredi 12 mai après avoir été assignés en tant qu'éditeur et que distributeur", a déclaré Valérie Constant à l'AFP.
Le plaignant, Bienvenu Mbutu Mondondo, un Congolais de la République démocratique du Congo (RDC), résidant en Belgique, "demande que l'album soit retiré de la vente ou à défaut qu'un avertissement y soit inséré", car il considère que la vision des Noirs africains qu'il véhicule est offensante, a-t-elle précisé.
"La position de Casterman est de s'opposer au retrait. Cela fait 80 ans que cet ouvrage, qui n'est qu'une photographie de sentiments de l'époque, est distribué aussi bien en Europe qu'en Afrique, sans causer de problèmes", a souligné Mme Constant.
"+Tintin au Congo+ fait partie du patrimoine mondial de la bande dessinée", a-t-elle dit.
Quant à insérer un avertissement, a-t-elle poursuivi, "Casterman ne peut pas prendre seul une telle décision, qui touche au droit moral des ayants droit", c'est-à-dire de la veuve d'Hergé, Fanny Rodwell.
Invoquant une loi belge de 1981 réprimant le racisme, M. Mondondo avait entamé une action au pénal dès l'été 2007 contre Moulinsart S.A., société ayant les droits dérivés d'exploitation et de reproduction autres que les droits d'édition et gérée par Nick Rodwell, second mari de la veuve d'Hergé, Fanny.
La procédure n'ayant pas encore débouché, il a intenté à la mi-avril une action au civil, affirmant le caractère "urgent" d'une interdiction de "Tintin au Congo".
Lors de la première séance du tribunal de première instance de Bruxelles, le 28 avril, le juge a renvoyé l'affaire au 5 mai pour que Moulinsart SA ait le temps d'étudier le dossier au civil.
A cette occasion, le tribunal doit aussi décider s'il joint au dossier une autre plainte déposée entre temps au civil par un diplomate congolais à la retraite, Yves Otoka. Il ne réclame lui que l'adjonction d'un avertissement sur les "préjugés" raciaux reflétés par l'ouvrage, comme c'est déjà le cas dans l'édition anglaise.

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