jeudi 16 septembre 2010

Déclaration de candidature de Bruno Gollnisch à la présidence du Front National

source:http://www.nationspresse.info/?p=111150

Saint-Denis, 16 septembre 2010
Mesdames, Messieurs ;
Je m’exprime aujourd’hui devant cette basilique Saint-Denis, tombeau d’abord de l’héroïque Denis, premier évêque de Paris, martyrisé en 275, puis joyau de l’art gothique, admirable nécropole royale autrefois profanée par le vandalisme révolutionnaire. Ici reposent tant de ceux qui ont fait la France ou l’ont défendue, de Charles Martel jusqu’au siècle dernier . Nous sommes au cœur d’une région capitale sinistrée par des années de calamiteuse gestion marxiste, minée par une immigration incontrôlée, en proie à une violence à laquelle certains ne voient que des causes matérielles et des excuses sociales, alors qu’elle est 87 fois supérieure à celle de la Creuse, ou cependant la pauvreté est plus sévère.
La Seine-Saint-Denis ne doit pas devenir pour la France ce que fut le Kossovo pour la Serbie : berceau de l’Histoire nationale progressivement submergé, puis amputé par les forces d’une coalition étrangère !
Militant de la Cause nationale depuis ma jeunesse, présent dans la vie politique de notre Cité depuis 25 ans, je n’ai cessé de combattre pour la France contre vents et marées, sur les routes et dans les rues comme à la tribune des Assemblées responsables de son destin. Par l’action et la réflexion, par le geste, par la parole et par l’écrit. Dans les prétoires où je fus et demeure harcelé judiciairement pour ma liberté d’expression, comme dans la rue où je manifestais contre les tenants d’un système corrompu, qui n’a d’autre réponse à ses échecs et à ses trahisons que de tenter de diaboliser les patriotes.
Ayant avec une inébranlable fermeté et une totale loyauté servi aux côtés de Jean-Marie Le Pen, indiscutablement l’homme le plus apte à conduire alors la famille nationale, et auquel l’Histoire rendra justice un jour, je me présente, dès lors qu’il renonce à cette charge lors de notre prochain Congrès, aux suffrages des militants de la cause nationale, pour sortir avec eux notre pays de sa décadence et contribuer à l’engager, s’il est possible, sur la voie du renouveau.
Car nous avons vu juste sur toutes les évolutions majeures de notre Patrie, dont la situation ne fera que s’aggraver si nous ne l’arrachons pas aux griffes des politiciens acquis au mondialisme et résignés au déclin de la France.
Parce que je suis fréquemment interrogé sur les convictions que je défends, je me dois de vous en donner les principales orientations.
Redonner vie à l’identité française
La planétisation qui résulte de la prodigieuse augmentation des moyens de communication terrestres, maritimes, aériens, et de l’information, met en relation les peuples, les cultures, les flux économiques et financiers, les événements. Se fondant sur cette indiscutable réalité, certains prédisent la fin des nations, qui cependant n’ont jamais été plus nécessaires à la conservation des identités et des libertés, des peuples et des personnes. Et comme ces nations résistent, on veut les détruire par l’asservissement politique, la submersion migratoire, la dénatalité planifiée, la culpabilisation systématique, la démoralisation permanente.
Dans le respect des valeurs universelles auxquelles je crois profondément, et notamment l’égale dignité fondamentale de chaque être humain, je suis favorable au maintien de la liberté des Nations et de la diversité des cultures. Je refuse que le mondialisme transforme notre planète en un monde gris, uniforme, asservi et sans âme. Je m’engage pour redonner vie à l’identité française.
Je continuerai à agir pour que la France redevienne maîtresse de son destin, en ramenant à leur juste place les utiles coopérations européennes : de projet, de concertation, mais en nous affranchissant de la tutelle du Super-Etat Eurocratique qui, depuis Bruxelles et Francfort, prétend régir tous les aspects de la vie politique, financière, économique, sociale, culturelle de 450 millions d’Européens.
Ayant recouvré, sans doute avec d’autres, les instruments de notre souveraineté, qui est à une Nation ce que la Liberté est à une personne, nous pourrons alors inverser, dans l’ordre, la dignité et même la générosité, le courant de l’immigration ; assurer le respect sans faille des lois sur l’entrée et le séjour des étrangers ; mettre fin au système absurde qui confère des droits à ceux qui sont entrés illégalement, refuser le concept de discrimination positive, qui consiste en réalité à défavoriser les Français en faveur des étrangers, et à encourager plus encore leur venue. Au contraire, dans le but de couper les pompes aspirantes de l’immigration, je souhaite que le peuple français, directement saisi, inscrive clairement dans notre constitution la préférence nationale, car, contrairement à ce que l’on nous serine et à ce que l’on nous impose, il est moralement légitime, et juridiquement conforme au droit international, dont je suis un spécialiste, que les Français soient prioritaires chez eux comme les étrangers le sont dans leurs propres pays.
Je renouvellerai mes propositions détaillées de réforme du droit de la nationalité, pour que ceux qui n’héritent pas de la nationalité française ne l’acquièrent que s’ils la sollicitent et la méritent. Mais aussi pour que ceux qui l’ont ardemment demandée et méritée soient pleinement admis dans la communauté nationale.
Accueillir la vie avec les familles françaises
Les criminels ou utopistes qui veulent poursuivre la politique immigrationniste avancent parfois pour alibi que, sans elle, le renouvellement des générations n’est pas assuré. Mais nous croyons fermement que si les Français délèguent à d’autres le soin de peupler leur pays à leur place, ils ont forfait leur droit à vivre libres et indépendants sur la terre de leurs aïeux. Parce qu’il y va de la survie de notre pays, de la transmission à ceux qui nous suivront de l’incomparable patrimoine dont nous avons hérité, mais aussi de la garantie d’une vie décente pour nos anciens, dont les retraites méritées sont d’ores et déjà gravement et injustement entamées, je souhaite la mise en place d’un vaste programme pour favoriser l’accueil de la vie, de son origine à son terme naturel, en donnant aux jeunes parents les moyens matériels et moraux de l’accueil et de l’éducation des enfants, source de joie inégalable et tellement supérieure aux plaisirs éphémères de la société de consommation. A la culture de mort, j’oppose la culture de la vie.
Professeur d’Université, ancien doyen de faculté, je connais le trésor de potentialités que constituent les capacités de la jeunesse de France. Pour éviter sa dilapidation, je veux rendre aux familles, dans des conditions d’égalité, le choix de l’école de leurs enfants. Il faut que l’Education nationale soit soustraite à la mainmise des syndicats politisés et des associations partisanes qui y ont acquis droit de cité. Je m’opposerai aux expériences pédagogiques aberrantes qui ont pris en otage des générations entières de jeunes Français ; je veux que ceux-ci, quelle que soit leur origine sociale, puissent acquérir dès l’enseignement primaire une connaissance suffisante des savoirs fondamentaux et de leur patrimoine national, à commencer par la maîtrise de la langue française. Notre système éducatif pourra alors préparer à l’exercice de vrais métiers, au lieu de mentir à des millions de jeunes gens en les laissant s’engager dans des formations abstraites, et sans véritables débouchés.
Enfin, je militerai pour le lancement d’un vaste programme de constructions, pour arrêter l’excessive raréfaction des terrains à bâtir, l’une des principales causes de la spéculation foncière et de l’effrayant renchérissement des logements. Chaque famille française vivant de son travail doit pouvoir accéder si elle le désire, et quelle que soit la modicité de ses revenus, à la propriété de son logement.
Redonner vie à l’activité française
En effet, le travail honnête n’est plus aujourd’hui le moyen d’acquérir, conserver et transmettre un patrimoine qui en soit le fruit. Le travail doit donc redevenir pour tous la source de l’enrichissement individuel et de la prospérité collective. Je souhaite voir briser les carcans qui l’entravent, en supprimant notamment au l’impôt sur le revenu du travail, le plus pénalisant, le plus arbitraire et le plus tracassier.
De même, je veux voir protéger le travail des Français et diffuser l’actionnariat populaire, afin de limiter les effets dévastateurs du capitalisme financier anonyme et vagabond.
Je souhaite que les charges sociales, frein à l’embauche et boulet pour la compétitivité de nos entreprises, ne pèsent plus à l’avenir seulement sur les salaires, mais sur l’ensemble des produits vendus chez nous, y compris ceux qui viennent de l’étranger.
Parallèlement, je m’engage à réduire, non seulement la fiscalité qui spolie, mais aussi la bureaucratie qui paralyse, afin de rendre toute son efficacité à une fonction publique au service de l’intérêt général.
Il faut ainsi que les véritables entrepreneurs, petits ou grands, initiateurs de projets et vrais créateurs d’emplois, qui osent et qui risquent, souvent sur leurs bien propres, soient aidés et non plus entravés, y compris les travailleurs indépendants et entrepreneurs individuels que sont les artisans, les commerçants, les professions libérales…
Je veux en outre que l’entreprise privée française reçoive la protection à laquelle elle a droit contre la concurrence déloyale, par la remise en place de barrières douanières protégeant raisonnablement nos productions nationales des importations venant de pays pratiquant des salaires 20 à 30 fois inférieurs aux nôtres, ou dont les ouvriers, nouveaux esclaves des temps modernes, littéralement vendus au capitalisme apatride par les régimes communistes ou dictatoriaux qui les exploitent, sont dépourvus de toute protection sociale. Seront ainsi taxés notamment les produits des entreprises délocalisées qui réexportent chez nous leurs productions. Cette taxation réduira les profits de ceux qui, pour bénéficier en Afrique ou en Asie des gisements de main d’œuvre à vil prix, ont mis au chômage des centaines de milliers de nos compatriotes.
Redonner vie à la terre française
Parce qu’il n’y a pas de pays sans paysans, parce que sans indépendance alimentaire il n’y a plus d’indépendance du tout, parce nous ne pouvons accepter de voir s’étendre dans nos campagne le désert français, parce que les ressources de notre terre et de nos mers sont un atout exceptionnel, dans la perspective aussi des besoins alimentaires croissants de pays en voie d’industrialisation qui seront demain nos clients, je récuse catégoriquement les nouvelles mesures euro-mondialistes déjà programmées qui finiront d’anéantir les paysans français. Les terres de la France sont assez riches pour nourrir sa population. Nous n’avons pas à aller chercher au bout du monde, au nom d’une division internationale du travail artificielle, ce que nos paysans peuvent produire eux-mêmes. Nous devrons accepter, pour leur garantir un niveau de vie décent auquel ils ont droit, de dépenser plus pour nous nourrir que pour nous soigner, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Je ne sépare pas l’évocation des ressources de notre terre : de nos cultures, nos forêts, notre viticulture, notre élevage, de celles des mers : pêcheurs, mareyeurs, ostréiculteurs, en un temps où les développements du droit international contemporain valent à la France, avec plusieurs millions de kilomètres carrés, le troisième domaine maritime du monde, et où l’avenir de l’humanité se joue plus encore dans la découverte et l’exploitation des fonds marins que dans celle de l’espace extra-atmosphérique. Je m’engage à tout faire pour conserver et développer ces ressources, avec notamment la participation fraternelle de nos compatriotes d’outre-mer, acteurs et témoins de l’exceptionnelle vocation maritime de notre pays.
Protéger la vie des Français
Il serait vain de tenter de rétablir les conditions matérielles et morales de la prospérité des Français si leurs biens, leur intégrité physique, leurs vies même, pouvaient continuer de subir les assauts de prédateurs assurés d’une quasi-impunité, chaque jour plus brutaux et chaque jour plus arrogants. La sécurité est la première des libertés. Je réclame la présence des forces de l’ordre sur le terrain et la réduction au strict nécessaire les tâches administratives qui les accaparent.
Tout acte criminel ou délictueux doit être sanctionné, toutes les victimes doivent être protégées, et recevoir réparation.
Ceci suppose l’augmentation du nombre de magistrats, leur neutralité politique, la suppression des lois liberticides et des privilèges scandaleux dont bénéficient certaines associations politisées persécutrices de la liberté d’expression ; la refonte du Code Pénal afin de rétablir une échelle des peines capable d’empêcher la récidive des criminels les plus dangereux, et l’expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers présents sur notre territoire.
Même les prisonniers ont droit au respect de leur dignité humaine. Pour éviter la surpopulation, mais aussi pour que les peines de prison prononcées soient réellement appliquées, il faut créer des places supplémentaires dans des établissements décents, afin également que les prisons cessent d’être des pourrissoirs pour devenir de vrais centres de réparation des fautes commises et de préparation à une authentique réinsertion des délinquants.
Officier supérieur de réserve dans l’armée de mer, je sais que les périls qui menacent la France ne sont pas seulement d’ordre intérieur. Il faut donc qu’elle dispose des moyens de sa défense, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, et que ces moyens soient adaptés aux dangers nouveaux qui se manifestent.
Ainsi que je l’ai manifesté hier aux côtés des harkis et de leurs enfants, il faut aussi que ceux qui ont combattu pour elle cessent d’être méprisés ou insultés, et qu’ils soient au contraire honorés moralement et matériellement, y compris lorsqu’ils sont les ressortissant d’Etats de notre ancien Empire devenus indépendants.
Comme vous le voyez, ces convictions forment un programme de sursaut national. Un programme qui refuse le déclin et offre à la France les moyens de reprendre la place qui fut la sienne : celle de phare des Nations libres.
Les relations que j’ai pu nouer avec de nombreux patriotes d’Europe, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, jusque dans les milieux gouvernementaux, me montrent qu’en défendant notre identité, nous défendons par la même occasion celle de toutes les nations, donc la leur.
Devant les périls que les mondialismes leur font courir, qu’ils soient à prétentions politico-culturelles, économico-financière, ou fondé sur le fanatisme pseudo-religieux, il existe ainsi aujourd’hui, entre les Nationaux, une affinité de conviction, de sensibilité, et aussi – malheureusement – une perception de l’hostilité commune, qui leur permettent dans la plupart des cas de dépasser les conflits qui opposent les intérêts particuliers, si légitimes soient-ils. « Nationaux de tous les pays, unissez-vous » avait lancé naguère. Jean-Marie Le Pen. Je crois pouvoir faire en sorte que demain, cette maxime devienne réalité, non seulement pour des patriotes des diverses nations d’Europe, mais pour des Africains, des Asiatiques, des Américains du Nord ou du Sud, qui font les mêmes constatations que le mouvement national français, subissent les mêmes épreuves et affrontent les mêmes adversaires.
Comme nous n’avons cessé de le proclamer, ni ceux qui m’entourent ni moi-même ne sommes xénophobes ; nous sommes simplement francophiles. Nous ne haïssons pas les étrangers, mais nous aimons nos compatriotes. Nous ne nous indignons donc pas de voir les gouvernants américains défendre les intérêts des Etats-Unis, les gouvernants chinois défendre ceux de la Chine, les dirigeants britanniques ceux de la Grande-Bretagne… etc. Je m’indigne seulement de voir les dirigeants français ne jamais défendre les intérêts légitimes de la France, ou les défendre peu, ou mal, et d’être presque toujours les premiers à faire l’offre de sacrifier ce qu’ils ont pour mission de sauvegarder.
Je demande que, comme la Charte lui en donne la possibilité, et comme elle aurait du le faire avant la deuxième guerre contre l’Irak, la France fasse usage de son droit de veto à l’O.N.U., si cela peut s’avérer utile au maintien de la paix ou à la dénonciation des nouveaux impérialismes. Je propose qu’elle s’unisse à cet effet aux grandes nations libres d’antique civilisation qui sont en butte aux mêmes menaces d’acculturation que nous, comme la Russie, l’Inde et le Japon, ainsi qu’avec les Etats francophones, auxquels nous sommes unis par des liens anciens et amicaux.
Cette solidarité s’étend au-delà de la communion dans la langue de Racine, de Voltaire, de Chateaubriand, de Victor Hugo ou de Sedar Senghor. Face à l’impérialisme de fait culturel politique et économique anglo-saxon, ce patrimoine culturel commun peut fournir la base de la recherche d’un autre modèle de solidarité, d’équilibre, et d’humanisme véritable. Ensemble, nous ferons en sorte que le retour de nombreux immigrés dans leurs pays d’origine soit pour ceux-ci un atout dans leur développement. Nous veillerons à ce que la coopération cesse de se faire aux dépens des pauvres des pays riches et au profit des seuls riches des pays pauvres, mais qu’elle ouvre de réelles perspectives, notamment dans le domaine de l’eau et de l’éducation.
Cette vision à la fois réaliste et ambitieuse de l’avenir de notre pays, je ne puis bien sûr la faire aboutir seul. C’est pourquoi j’ai l’intention d’y appeler d’abord mes camarades du Front National, puis tous ceux qui, de la droite sociale à la gauche patriote, ont récusé en 2005 le projet euro-mondialiste de Constitution supprimant l’indépendance de notre pays. Elu assidu et combattif, je m’efforcerai de redonner au Parlement, dont je connais bien les règles et les usages, tout le rôle de législateur qui doit être le sien. Nous exigeons une réforme équitable du mode de scrutin, et la représentation de tous les courants d’opinion proportionnellement à leur importance réelle chez les citoyens, ainsi que le recours au referendum des Français sur les questions cruciales pour leur avenir. Enfin, je souhaite la réduction du nombre excessif de niveaux d’administration au-dessus des communes, dont je garantirai pleinement en revanche les libertés et la pérennité, dans une France forte de ses provinces, débarrassée de l’oppression jacobine comme des nouvelles féodalités qui voudraient la faire éclater.
Les membres du Front National ne se laisseront pas tromper une fois de plus par les partisans du déclin, les apôtres du renoncement, ni par ceux qui viendront une nouvelle fois les solliciter en promettant de faire demain ce qu’ils n’ont pas pu, pas su ou pas voulu faire durant les décennies au cours desquelles ils ont occupé des responsabilités gouvernementales !
La renaissance de la France est à la portée des militants nationaux ; s’ils souhaitent me placer à leur tête, je n’ai qu’une chose à leur dire : je suis prêt.

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