mercredi 22 septembre 2010

Marine Le Pen demande à l’UDC de respecter la France

20SEPT/10Ø

Marine Le Pen demande à l’UDC de respecter la France

Les bras grands ouverts et le sourire aux lèvres, c’est sous les applaudissements que Marine Le Pen pénètre dans la salle où 350 adhérents savoyards et haut-savoyards l’attendent. Dans le cadre de la campagne interne qui l’oppose à Bruno Gollnisch pour prendre la tête du Front national, la cadette de Jean-Marie Le Pen, âgée de 42 ans, est, en ce dimanche ensoleillé, de passage à Cluses. La cité de la vallée de l’Arve n’est autre que le fief de son coordinateur de campagne, Dominique Martin.
Les cheveux relevés, vêtue d’une veste sombre et d’un jean, l’élue du Pas-de-Calais déroule son discours bien huilé, attaquant la politique de Nicolas Sarkozy et fustigeant comme à son habitude, « l’immigration massive » ainsi que « l’islamisation ». Mais ce n’est pas tout : cette visite en Haute-Savoie est aussi l’occasion de s’exprimer sur des thématiques plus locales.
Combats communs
Ainsi, commentant les résultats d’un sondage mené par l’institut SwissOpinion, selon lequel 48% des Savoyards et Haut-Savoyards seraient favorables à rejoindre la Suisse, elle lance : « J’ai envie de dire à ces 48% : arrêtez de rêver au-delà de la frontière et rejoignez-nous ! »
De même, au sujet de la proposition du député genevois de l’Union démocratique du centre (UDC) Eric Bertinat de rattacher la Haute-Savoie et l’Ain au Canton, elle renchérit : « Ne débauchons pas nos joueurs. Ce n’est pas la bonne méthode. Chaque peuple doit pouvoir être souverain sur son territoire. Que l’UDC respecte la souveraineté de la France comme nous respectons la souveraineté de la Suisse. » Et d’ajouter à l’attention du parti agrarien : « Nous avons beaucoup de points de convergence. Unissons-nous afin de mener un combat commun ! »
Des points communs qui sont récemment devenus particulièrement visibles sur le plan local lorsque Dominique Martin a approuvé la campagne de l’UDC contre le CEVA. Le slogan affirmant à l’automne dernier que ce chemin de fer allait être « un nouveau moyen de transport pour la racaille d’Annemasse ». Mais aussi au niveau national, lors du bannissement des minarets. Comme Marine Le Pen se plaît à le rappeler : « Nous sommes le seul parti à avoir défendu la Suisse dans cette affaire. Nous estimons que chaque pays doit avoir la liberté de décider sur son territoire, de placer le curseur où bon lui semble. »
Esclaves et chômeurs
Naturellement, l’entreprise de séduction ne s’arrête pas à ces considérations franco-suisses. Connaissant les difficultés des travailleurs de la vallée spécialisée dans le décolletage, Marine Le Pen avance sa définition de la mondialisation : « C’est faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs. » Revendiquant « une sensibilité sociale », elle conclut sur ces mots :« Si le FN veut gagner en 2012, il votera Marine Le Pen. Et s’il ne veut pas gagner, eh bien, je ne veux pas le diriger ! » Ce sera à la base de choisir les 15 et 16 janvier prochain, à Tours.
Marie Prieur

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